REP+ = PRIORITÉ A L’ÉDUCATION EN GUADELOUPE

 

L’éducation pour tous, vous dites ?

D’après les chiffres du ministère de l’éducation nationale 1, la France, 5ème puissance économique mondiale, investit dans l’éducation 6,5 % de son PIB c’est à dire l’exacte moyenne des pays de l’OCDE alors que sa richesse lui permettrait grâce à une redistribution plus ambitieuse (80 milliards d’Euros d’évasion fiscale) de se rapprocher voire de faire aussi bien que la Suède, la Finlande ou même que le royaume uni et les états unis.

En conséquence, le taux d’encadrement des élèves en primaire est un des plus mauvais de l’OCDE avec 18,9 élèves par enseignants alors que la moyenne de l’OCDE se situe à 15,3.

Pire, lorsque par miracle le taux d’encadrement est meilleur que la moyenne comme dans le second degré (12,5 contre 13,5 en moyenne dans l’OCDE), le ministère s’empresse comme en Guadeloupe de rétablir la donne. A croire, que nos dirigeants ne souhaitent pas le meilleur pour notre jeunesse et par conséquent calibrent notre système éducatif pour que nous visions la moyenne. Pas plus !

Ne nous trompons pas ! Ce ne sont pas  les plus favorisés qui seront impactés par cette politique. Aux dires de notre ministre, notre système scolaire fait très bien réussir 70% des élèves. Les meilleurs ! Mais qu’en sera-t-il des 30% les plus défavorisés, noyés dans des classes surchargées et face à des enseignants accaparés par un face à face classe de plus en plus important car imposé en HSA ? Pourront-ils bénéficier d’un suivi individualisé que toutes les études internationales annoncent bien plus salvateur pour eux que le traditionnel cours magistral ? Comment nous faire croire que notre système scolaire déjà inégalitaire pourrait se transformer en réduisant encore les moyens et par conséquent toutes les marges de manoeuvre pouvant servir à le réformer (remplacement, formation, …) ?

C’est pourtant ce que le ministère propose à notre rectorat qui essaie de se persuader et nous avec que c’est la seule voie possible au regard du contexte économique difficile. Ainsi, c’est + de 4% d’HSA qu’il est demandé aux enseignants de Guadeloupe d’absorber en plus par rapport aux autres académies. Cela représente 54 postes d’enseignants sur les 174 postes supprimés les 5 dernières années alors que dans le même temps 60000 postes d’enseignants étaient créés sur tout le territoire national.

Loin des yeux, loin du coeur !

Que notre territoire possède des indicateurs socio économiques catastrophiques ne semble peser que peu de choses face à la distance qui nous sépare de l’hexagone. Aucun recteur n’a semble-t-il encore réussi à rapprocher la Guadeloupe de Paris. Aucune conviction assez grande qui pourrait pourtant éventuellement puiser sa force dans un refus d’abandonner la jeunesse Guadeloupéenne. Pour rappel 2 :

  • 56 % de chômage des 18-25 ans en Guadeloupe contre 40 % en Guyane et 22% en France hexagonale. 25% tous âges confondus contre 10% dans l’hexagone.
  • 55% de familles mono parentales contre 40% en Guyane et 25% en France hexagonale
  • Taux de pauvreté de 12,5% en Guadeloupe alors que 6,5% en France hexagonale malgré le calcul à partir d’un salaire médian annuel pour la Guadeloupe de 3990 euros par an et par personne alors que pour la métropole il est de 7225 euros. La moyenne des revenus des personnes en dessous du seuil de pauvreté continue de baisser pour la Guadeloupe.
  • Taux d’illettrisme : 20% en Guadeloupe et 7% en France.
  • Taux d’avortement : 28 % en Guadeloupe et 10,5% en France hexagonale.
  • Taux d’obésité : 22,9% et 16% en France hexagonal
  • Taux d’homicide volontaire : 8 pour 1000 habitants en Guadeloupe et Bouche du Rhône 2,8 pour 1000 habitants (presque 3 fois plus)
  • Taux de sortie sans diplôme du système éducatif : 16,9% en Guadeloupe et 11,9% en France

Court circuiter le dialogue de gestion national !

Lors du CTA de janvier, le SNEP-FSU et sa fédération ont alerté les services du rectorat que cette situation ne serait pas tenable. Des propositions de limitation d’HSA ont été faites mais n’ont pu être suivies d’effets devant le manque de moyens criant à la disposition des services du rectorat.

Face à cette inadéquation inédite entre besoins et moyens, les établissements se sont mis en grève à tour de rôle (+ de 20), obligeant notre fédération à les accompagner dans leurs démarches pour se faire entendre auprès du rectorat. Le point d’orgue de cette mobilisation exceptionnelle a été l’audience accordée par la préfecture aux 15 établissements réunis à Basse Terre le jeudi 17 mars. Ils ont, tous ensembles, demandé le classement de toute l’académie en REP +. Nous considérons, en effet, qu’il s’agit aujourd’hui du seul moyen pour enfin faire de l’Éducation une priorité en Guadeloupe en court circuitant une procédure de dialogue de gestion constamment infructueuse pour notre académie.

La préfecture n’y est pas opposé et nous demande de l’aider à déposer un dossier auprès des ministères des outre mers et de l’Education Nationale, arguant que si la Guyane avait pu en bénéficier, pourquoi pas la Guadeloupe !

Une jonction avec le primaire se prépare à la rentrée des vacances de carnaval. Nous vous demandons tous de RESTER MOBILISÉS pour continuer de peser afin de donner LA PRIORITÉ A L’ÉDUCATION EN GUADELOUPE !!

Et les muts dans tout ça !

C’est donc dans ce contexte de suppression de moyens au niveau académique que ce mouvement intra académique va se dérouler. Les cartes scolaires moins nombreuses grâce à vos mobilisations  et confirmées au CTA du 22 mars viendront encore une fois de plus gripper la fluidité d’un mouvement qui crée chaque année de nombreuses frustrations.  

Rappelons que cette mobilité est considérée par le SNEP-FSU et sa fédération comme un moyen de gestion des ressources humaines indispensable pour dynamiser les équipes au service d’un enseignement de qualité envers les élèves. Les enseignants ont, en effet, besoin parfois de changer d’air ou de se rapprocher de leur famille pour faciliter leur quotidien. Cette mobilité est d’ailleurs inscrites dans le statut de la fonction publique.

Ce bulletin essaie de rendre encore plus transparente l’information pour toute la profession et donc de faire en sorte  que cette opération de gestion soit plus équitable. De cette manière, les syndiqués espèrent faire vivre un peu plus encore l’esprit de fraternité cher à leur syndicat et à sa fédération.  

L’ensemble des commissaires paritaires du SNEP-FSU se tient à votre disposition pour tout complément d’information.

  1. L’Education Nationale en chiffre – Edition Education nationale  2015
  2. Données INSEE