TZR : Payer pour travailler !

 

Suite à une simple demande aux collègues concernant les avancées dans leurs dossiers d’ISSR ou de frais de déplacements, le SNEP constate une nouvelle fois, au vue des réponses, que la situation des TZR n’ est toujours pas prise au sérieux.

En effet, aujourd’hui le 03/02, le SNEP reçoit encore 7 demandes d’aide et de soutien pour que des agents de l’état, missionnés, obtiennent un remboursement de leurs frais engagés depuis septembre et même pour certains depuis l’an passé.

Nous allons vérifier rapidement auprès des services du rectorat mais il semblerait que les budgets alloués ne permettent pas un remboursement régulier et forcent alors les attentes.

Nous savons d’avance que le rectorat nous expliquera que les enseignants dans la discipline EPS posent des problèmes régulièrement ….
MAIS NON……,
ils posent des questions, soulèvent des problèmes récurrents pour lesquels ils n’ obtiennent pas de réponses ou si tardivement qu’ils vivent très mal leur métier.
ET FINALEMENT…..,
si l’on s’intéresse de plus près aux autres disciplines, on apprend que les enseignants sont aussi mal menés mais trop isolés pour réussir à se faire entendre.

Aujourd’hui, le bureau du SNEP Guadeloupe constitué pour partie de TZR, avec assez d’années d’expériences dans cette fonction pour que sa voix soit légitime, souhaite dénoncer cette scandaleuse situation d’un groupe d’enseignants particuliers.

Nous ne pouvons plus tolérer que les collègues TZR à la mission si particulière et contraignantes soient les oubliés d’une mutation à laquelle ils n’ont plus accès depuis si longtemps. (pts de bonifications /pts sur vœu établissements…..)

Nous ne pouvons plus tolérer que leurs compétences ne soient pas reconnues (EDT pour lequel il faut toujours se battre, classes » triées » pour le TZR, inspection, …)

Nous ne pouvons plus tolérer de devoir sans cesse rechercher des textes de loi pour confirmer et affirmer nos droits face à l’ administration ( Heures d’ UNSS, frais de déplacement, ISSR, RAD, ordre de mission …)

Nous ne pouvons plus tolérer que l’équité entre les TZR ne soit pas respectée et bafouée par l’acceptation du positionnement de certains collègues sur des postes alors que d’autres TZR devraient y être désignés en suivant le respect des RAD, de l’ancienneté par ex.

Nous ne pouvons plus tolérer que les TZR vivent un vrai chemin de croix pour obtenir leurs ISSR ou leurs frais de déplacement. Quels ministres ou tout autres dirigeants actuellement engagent leurs salaires dans les missions d’Etat ?

Nous ne pouvons plus tolérer que les dossiers « se perdent » entre les établissements et les services du rectorat. L’envoi de documents n’ est elle plus garantie lorsqu’elle passe par la voie hiérarchique ? Nos chefs d’établissements, nos secrétaires, les agents chargés de mener les courriers au Rectorat sont ils tous incompétents ?

Nous ne pouvons plus tolérer que les fiches de paye arrivent si tardivement, qu’aucun système malgré nos propositions (à partir d’ expériences réalisées dans d’ autres académies) ne permettent au TZR de prendre connaissance du suivi des remboursements.

Nous ne pouvons plus tolérer que les enseignants soient angoissés à l’idée même de s’ adresser aux services du Rectorat car malmenés .

Il est grand temps d’arrêter de penser que les AJUAFA en juillet et avant la rentrée soient une option car elles permettent réellement de répondre aux besoins des élèves, des établissements et des enseignants… et non aux syndicats, qui nous le rappelons, se soucient avant tout aussi des élèves.

Nous ne pouvons plus tolérer que les accueils dans certains établissements soient si irrespectueux (par manque de connaissance du statut la plupart du temps ).

A ce jour, Le SNEP-FSU Guadeloupe demande donc d’être entendu et souhaite qu’un groupe de travail concernant les mutations à l’intra soit réellement mis en place avec une date exprimée clairement et avec la possibilité de faire rencontrer autour d’une table des personnes capables de discussion.

Mais nous souhaitons également qu’un groupe de travail soit créé (le même reste possible), toutes disciplines confondues, afin que les problèmes puissent être exprimés et solutionnés.

Les conséquences de ces traitements scandaleux d’une catégorie des enseignants sont devenus inquiétants ; elles résultent soit d’incompétences administratives de la part de certains responsables de dossier, soit de mépris profonds de ces mêmes personnes ou de la classe politique.

TZR, une mission essentielle qu’il faut bien traiter !

 

Cette année scolaire, dans notre académie, sur 343 enseignants d’EPS, nous avons 38 PEPS et agrégés qui occupent effectivement la fonction de TZR. Ils représentent 11 % de notre profession.

Cette fonction est essentielle car elle permet d’assurer la continuité du service public auprès des élèves. Mais cette fonction permet aussi le développement d’une véritable gestion humaine des enseignants en leur permettant de se  former, se soigner, accompagner leur famille, …
En effet, ce sont les TZR qui assument la mission de remplacement des Titulaires et qui permettent que le recours aux congés paternités, parentaux, maladies, annualisés, de formation, … n’impactent que faiblement sur la scolarité des élèves.

Les TZR sont donc au cœur de la continuité du service public d’éducation grâce à leur mobilité et leur adaptabilité.

Cependant, aujourd’hui, ce système se grippe car cette flexibilité des TZR n’est plus vu seulement par l’administration comme un outil de régulation des personnels déjà en poste dans l’académie.

D’abord, car l’administration tire aujourd’hui un peu plus sur la corde en affectant de plus en plus régulièrement les TZR sur deux voire trois établissements. Alors qu’auparavant les TZR pouvaient compléter leur service dans leur établissement de rattachement administratif (RAD) en co enseignement avec leurs collègues en poste fixe, aujourd’hui quasi systématiquement l’administration les affecte dans un 2ème ou 3ème établissement hors RAD.

Ensuite, car ce dispositif est de plus en plus détourné pour suppléer le manque de moyens humains dans notre académie en positionnant les TZR sur des missions de vacations c’est à dire sur des postes non pourvus par des professeurs sur postes fixes. L’administration pousse même le bouchon encore plus loin en complétant leurs effectifs par des enseignants contractuels n’ayant pas encore finis leurs formations initiales. Pourtant, cette mission requiert un savoir faire particulier car il s’agit de remplacer au pied levé dans n’importe quelle activité, n’importe quel collègue avec n’importe quel niveau de la 6ème au BTS.

Face à une telle dégradation des conditions de travail de ces collègues, le SNEP-FSU Guadeloupe tire un signal d’alarme et craint que l’enseignement dispensé par ces personnels de qualité ne finisse par se dégrader. En effet, ceux-ci pourraient être poussés à choisir pour se préserver des situations d’apprentissage moins engageantes pour eux-même physiquement et mentalement mais moins actives pour les élèves.

Le SNEP-FSU demande qu’un bilan social spécifique puisse être fait des conditions de santé de ces personnels. A ce titre, nous attendons toujours de la part du service des ressources humaines du rectorat et depuis plusieurs années, le bilan social de notre profession pour pouvoir mesurer les difficultés rencontrés par nos collègues.

A défaut, nous nous tournons actuellement sur les données de mutation qui peuvent nous apporter quelques indices :

  • Aucun collègue ne demande dans ses 1er vœux la mission de TZR.
  • Chaque année, des TZR effectuent une demande de mutation (sans quasiment aucune chance de l’obtenir).
  • Chaque année, quasiment tous les TZR n’effectuant pas de mutations déclarent vouloir muter mais ne pas faire de demande, faute de chance d’en obtenir une.

Le SNEP-FSU a été reçu par le recteur en audience le 1er et le 4 décembre. Il a abordé spécifiquement ce problème de mutation. Un groupe de travail spécifique à l’EPS sur la question du barème intra des TZR devrait avoir lieu prochainement.