Bilan de l’audience avec la directrice de cabinet du recteur (Collège Weinum et Soualiga de Saint Martin, Sargasses)

 
Le SNEP, le SNES et la FSU ont été reçus ce jour (17 mai 2018) par la directrice de cabinet du Recteur.
Sur la situation à Saint-Martin, la FSU a réitéré ses demandes d’une amélioration notable des conditions d’exercice des personnels, en particulier ceux du collège Soualiga. La FSU a demandé à ce que les seuils par division préconisés en éducation prioritaire (28 élèves par division) soient respectés, ce qui implique pour la rentrée scolaire prochaine une augmentation du nombre de salles disponibles.
La directrice de cabinet a expliqué que la réflexion portait actuellement sur un regroupement provisoire du collège Weinum et du collège Soualiga dans l’objectif d’améliorer les conditions d’enseignement, avec une information aux personnels. Concrètement, cela signifierait que les enseignants du collège Weinum seraient temporairement affectés au collège Soualiga.
Nous avons affirmé à la FSU que nous ne nous y opposions pas dans la mesure où il y avait une réelle amélioration des conditions d’enseignement et que les collègues avaient un document administratif justifiant ce transfert. Par ailleurs, la FSU a demandé à ce que les personnels du collège Weinum transférés bénéficient des avantages liés à l’éducation prioritaire dont bénéficie le collège Soualiga.
La FSU a également demandé que soient clairement stipulées à la communauté éducative, sur le PV du prochain conseil d’administration du collège Soualiga, les installations sportives sur lesquels les enseignants pourront enseigner au regard des rapports de la commission de sécurité académique et des conventions tripartites signées entre le collège Soualiga, la COM et le propriétaire de chaque installation.
Enfin, concernant Saint martin et la construction du nouvel établissement, la FSU a indiqué son opposition à la construction d’un établissement de type 900 qui générera inévitablement comme tous les gros établissements des problèmes de violences scolaires. Elle préconise deux établissements de type 500 qui pourraient permettre de revoir la carte scolaire pour favoriser l’attractivité de tous les établissements de l’île.
 
La FSU a par ailleurs évoqué le cas des sargasses auprès de la directrice de cabinet. Le rectorat a affirmé être très sensible au problème et envisage plusieurs scénarios si les pouvoirs publics ne prennent pas leurs responsabilités pour enlever les sargasses. Pour les examens, la délocalisation des épreuves est envisagée, de même que les fermetures temporaires si la situation s’aggrave. La FSU a réitéré sa demande concernant une véritable prise de responsabilité du rectorat et par conséquent d’une application stricte du principe de précaution pour ne pas devoir faire face à un accident.


Communiqué de presse :
Résilience : Quand les enseignants sont considérés comme des matériaux !

 

Le 27/04/2018

Communiqué de presse FSU
Résilience : quand les enseignants sont considérés
comme des matériaux !

 

La FSU Guadeloupe se questionne sur la thématique choisie lors de la 3ème journée de prévention des risques professionnels organisée le mercredi 5 mai au rectorat et le mercredi 16 mai à Saint Martin : « La résilience : une capacité, une culture en nous» ? ».

Voilà la définition qu’en fait le rectorat dans le message envoyé aux enseignants :

“A propos de la résilience… La résilience se définit comme « la capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir, en présence d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères. » (D’après un document publié en 2000 par la Fondation pour l’enfance (Paris). “

Cependant, ce mot est issu surtout du champ lexical de la physique et plus particulièrement celui de la mécanique des matériaux, discipline très proches des compétences de notre recteur car lui même diplômé de mécanique des fluides. Il désigne la capacité des matériaux à résister aux chocs. Cela tombe bien car l’objectif du rectorat à travers cette conférence est de “mettre l’accent, sur la résilience d’une communauté humaine de travail c’est-à-dire sa capacité à absorber une perturbation (conflits pertes économiques, accidents, violences externes au travail…), à s’adapter et à se remettre à fonctionner efficacement.”

C’est pour la FSU un glissement sémantique suspect qui cache à la fois l’incapacité des responsables nationaux, académiques et territoriaux à recréer un environnement de travail normal à Saint Martin et en Guadeloupe mais aussi à faire porter la responsabilité sur les fonctionnaires. Comme nous avions déjà pu déjà l’évoquer, fonctionnaire ne veut pas dire militaire … Le profil de recrutement n’est absolument pas le même et c’est surement très bien pour les élèves.

La FSU Guadeloupe rappelle donc que l’ensemble des dommages matériels et psychologiques subis par les établissements scolaires et leurs personnels sont de la responsabilité pleine et entière de l’administration rectorale et de la collectivité territoriale de rattachement. Pour la FSU, aucune pirouette sémantique, aucune novlangue ne saurait tenter de faire porter la responsabilité sur les personnels en les sommant de mettre en oeuvre une culture de résilience quelconque. Ces techniques managériales importées du “Lean management” ont déjà été éprouvées pour le pire dans d’autres administrations (Hôpital, Orange, ..).

Pour la FSU Guadeloupe, les mots ont un sens. Un suivi psychologique pour nos collègues les plus affectés, une aide sociale pour les plus démunis et une remise en état de leur outil de travail devrait amplement suffire à nourrir la communication rectorale …