Formation EPS en Guadeloupe : Une bouffée d’oxygène ou un simple trompe-l’œil ?

L’annonce est tombée : l’INSPÉ de Guadeloupe prévoit l’ouverture de 25 places en Master Éducation et Enseignement (2E) pour la rentrée prochaine. Si, au premier regard, cette nouvelle semble apporter une réponse à nos inquiétudes, l’analyse détaillée du SNEP-FSU Guadeloupe révèle une réalité bien plus fragile pour l’avenir de nos futurs collègues.

Le « verrou » du lauréat : une menace sur la filière locale

L’ouverture de ces places est soumise à une condition administrative stricte : l’inscription d’au moins un lauréat du nouveau concours CAPEPS L3. Pour le syndicat, cette modalité s’apparente à un véritable coup de poker.
Avec un taux de réussite national qui s’annonce dérisoire (475 places pour plus de 5 000 candidats, soit moins de 10 % de reçus), la probabilité qu’un lauréat s’inscrive en Guadeloupe est infime. Si cette condition n’est pas remplie, la formation pourrait ne pas voir le jour, laissant nos 26 étudiants de L3 actuellement en Guadeloupe sans aucune solution de poursuite d’études sur leur territoire.

Une rupture d’équité nationale

L’avenir de nos jeunes est d’autant plus compromis que le repli vers l’hexagone devient une impasse. Dix académies (dont Paris, Lyon, Lille et Créteil) ont déjà annoncé qu’elles n’accueilleraient pas les non-lauréats du CAPEPS L3, faute de moyens. Cette faillite politique réduit drastiquement les possibilités pour nos étudiants guadeloupéens.

Victoire syndicale : Le maintien des barèmes et des CIMM

Face à ce sombre tableau, l’action déterminée du SNEP-FSU a permis d’arracher une victoire cruciale sur le front des affectations pour 2026. Le Ministère a tenté un passage en force pour imposer le seul rang de classement au concours comme critère, au mépris de la transparence et de l’équité.

Grâce à notre mobilisation, nous avons obtenu :

  • La reconnaissance des CIMM : Le maintien des bonifications pour les lauréat·es ultra-marins.
  • La protection sociale : La prise en compte des charges de famille et du handicap (RQTH) reste garantie dans le barème.
  • L’affectation locale : Les lauréats du CAPEPS L3 seront affectés prioritairement dans leur académie d’inscription.

Nos revendications pour une EPS de qualité

Le SNEP-FSU Guadeloupe exige :

  • Un moratoire immédiat sur cette réforme dégradante.
  • Le maintien du concours au niveau Master 2.
  • Un pré-recrutement dès la Licence 1 (L1) avec une allocation d’autonomie.
  • Un plan de 1 500 recrutements par an.

Documents et liens utiles :

📥 Télécharger le communiqué de presse intégral (PDF)

✍️ Signer la pétition nationale « Aucun étudiant sans solution »

Le bureau du SNEP-FSU Guadeloupe reste vigilant et mobilisé. Nous ne laisserons pas l’avenir de nos étudiants devenir la victime d’un affichage politique sans moyens réels.

Grève des étudiants à l’UFR STAPS de Fouillole

 

Les étudiants du STAPS de Fouillole ont bloqué l’accès à l’Université Vendredi 02 mars 2018 toute la journée afin de protester contre les moyens qui sont accordés à leurs enseignants et personnels administratifs par la Présidence de l’Université des Antilles et la Vice présidence du pôle de Guadeloupe. La grève devrait se poursuivre lundi 05 mars …

Le SNEP-FSU et sa fédération la FSU ont immédiatement publié un communiqué de presse1 que vous retrouverez en bas de page.  Ils se sont également rendus sur place pour rencontrer les étudiants de L3, leaders de ce mouvement, et les enseignants (Professeurs Universitaires, Maître de conférence, Agrégés et professeurs d’EPS) bloqués à l’entrée de l’Université.

Une université attractive mais sous dotée

De 2011 à 2017, les effectifs ont augmenté de 88% alors que dans le même temps le solde des créations / suppressions de postes en supprimait un. Le taux d’encadrement pédagogique de professeurs titulaires est aujourd’hui 2 fois plus faible que dans les autres universités françaises (38.8 étudiants par enseignants titulaires contre 17,8 en moyenne en France) et ne permet plus d’effectuer le suivi individualisé pourtant essentiel dans la réussite des élèves.

Le taux d’encadrement par agent administratif est aujourd’hui de 1 pour 179 étudiants et ne permet plus de gérer les examens et le contrôle continu.

Les salles et les installations sportives sont elles aussi en nombre trop restreint pour permettre à tous les enseignements de se dérouler dans les meilleures conditions. Ne possédant aucune installation, chaque année environ 50000€ de budget sont consacrés à la location des espaces de pratique physique pour dispenser les cours.

Un dialogue sociale difficile voire carrément méprisant, humiliant et menaçant

Pendant toute la journée de Vendredi et également le Week End, la présidence de l’Université et la vice présidence du pôle Guadeloupe ont cherché à éviter le sujet de la répartition des moyens entre les différentes composantes (UFR) du pôle Guadeloupe en tentant de jeter le discrédit :

  • soit sur la gestion de l’UFR STAPS dont les comptes sont pourtant certifiés par un comptable et à la disposition de la présidence,
  • soit sur la répartition entre les pôles Martinique et Guadeloupe,
  • soit sur le manque de professionnalisme des enseignants qui n’aurait pas su éviter la grève en continuant à subir les dégradations de leurs conditions de travail.

Jamais un réajustement entre les UFR du pôle Guadeloupe n’est évoqué. Pourtant, un déséquilibre existe et est abyssal. Alors que l’UFR STAPS dispose de 4 administratifs pour 750 étudiants, l’UFR de Sciences en dispose de 40 pour 1500 étudiants. Surement, en ont-ils besoin de plus qu’en STAPS mais un rapport de 1 à 5 au regard du nombre d’étudiants parait incompréhensible. N’ayant pas d’informations à notre disposition sur le taux d’encadrement des UFR du pôle Martinique afin de pouvoir comparer, les étudiants, enseignants du STAPS sont pris en otage d’une vision maintes fois martelées par la présidence de l’Université et la vice présidence de pôle sans réelle volonté manifestée dans les instances de transparence et de changement.

Ce que notre syndicat le SNEP-FSU peut aujourd’hui cependant affirmer, c’est que le rectorat, la présidence de l’Université et la vice présidence du pôle Guadeloupe ont fait preuve d’un mépris flagrant pour des études surement considérées comme moins prestigieuses à leurs yeux. Ils ont, en effet, fait le choix de protéger certains UFR plutôt que d’autres en acceptant qu’au sein d’une enveloppe attribuée au pôle de Guadeloupe soient légitimés des écarts d’encadrement aussi importants. En multipliant les promesses non tenues et aujourd’hui en menaçant  ouvertement de retirer les maigres moyens provisoires arrachés par ce mouvement, la présidence et la vice présidence de pôle poursuivent leur attitude méprisante et humiliante. 

Pourtant l’UFR STAPS, par sa position stratégique au centre de la Guadeloupe, par l’originalité des parcours offerts, par les débouchés envisageables dans le tourisme et le développement de la pratique physique a lui un succès grandissant que d’autres UFR n’ont peut être pas toujours …

En tout cas, au regard des éléments factuels, les irresponsables ayant provoqués cette grève sont bien ceux qui se relaient à la tête des institutions de nos université, pôle et académie de Guadeloupe.

Par Conséquent,

le SNEP-FSU Guadeloupe et sa fédération exigent que des postes pédagogiques et administratifs soient créés en accord avec les étudiants et les enseignants de l’UFR STAPS et qu’enfin cesse les inégalités de moyens qui règnent entre les différentes composantes de l’Université de Fouillole.

Le SNEP-FSU Guadeloupe et sa fédération exigent également qu’un aménagement d’infrastructures sportives soit rapidement envisagé dans l’Université de Fouillole ou à proximité et que des bâtiments qui seraient bientôt libérés (douane maritime, …) puissent être attribués à l’UFR STAPS.