Tous dans la rue le 1er mai !
Tous en grève le 3 mai !

 

Vous suivez l’actualité nationale et vous devez constater que ce début de quinquennat est marqué par de forts reculs des droits des salariés et des fonctionnaires : inversion des normes dans le code du travail, suppression des CHSCT, contestation du rôle des syndicats dans la négociation, nouveau gel du salaire des fonctionnaires, augmentation de la CSG non compensée totalement pour les fonctionnaires, remise en cause du statut des fonctionnaires et de PPCR, baisse des financements des solidarités (chômage, retraites, hôpital) par la baisse des cotisations sociales contenues dans la part de salaire brut, mise à mal du paritarisme …

Actuellement, les cheminots, le secteur de l’énergie, les EHPAD, les hôpitaux, les retraités, … se mobilisent contre cette contre-réforme anti sociale et ultra libérale qui a déjà eu lieu aux États Unis, en Angleterre, en Suède, …, avec inexorablement les mêmes résultats : une explosion des inégalités, des travailleurs pauvres, une diminution de la qualité et du champ d’intervention du service public et par conséquent une montée des idées xénophobes et communautaristes illustrées par l’élection de Trump, le Brexit, la montée de l’Extrême droite dans toute l’Europe, …

Le modèle social à la française

La France, par sa tradition de lutte et son souci de fraternité, a mieux résisté à ces contre réformes, et aux crises financières et sociales qu’elles génèrent, en défendant le pacte social conclu par le Conseil National de la Résistance après la guerre de 39-45. Ce pacte s’appuie sur un état social très redistributif qui fixe comme principe que « chacun cotise en fonction de ses moyens mais reçoit en fonction de ses besoins ». Ce principe vise l’intérêt général, s’appuie sur le statut des fonctionnaires (pour le faire appliquer) et exclu de facto la libéralisation de secteurs comme l’Éducation, la santé, les transports, l’assurance chômage, les retraites, … En effet, le secteur privé ne connaissant quant à lui qu’une seule logique, celle de la rentabilité, sa généralisation aux services assurés actuellement par le secteur public exclurait rapidement les plus faibles car ils sont souvent aussi les moins solvables.

Pas d’économie à la clef …

Contrairement, à ce qui est expliqué à longueur d’ondes radio ou d’émissions TV, en agitant sans cesse une dette insoutenable, aucune économie ne sera faite pour les contribuables. D’abord, car nous ne pourrons – et c’est tant mieux – laisser sans soin, sans éducation, sans possibilité de mobilité, …, toute une part de la population sans ressource. Ensuite, parce que pour financer cette part de la solidarité réduite, nous ne pourrons plus nous appuyer sur les économies d’échelles en vigueur lorsque toute la population en dépendait. Enfin, car le secteur privé fournira des services inexorablement plus chers que dans le public pour financer la publicité, les actionnaires, … sauf à limiter les investissements et réduire les services rendus. La très grande majorité des français, les deux tiers les plus modestes dont les enseignants font partis, y perdra en terme d’accès, de qualité du service mais aussi de part du salaire à y consacrer.

Ça a fonctionné et ça pourrait continuer …

Une nouvelle note d’une des plus grandes banques d’affaires (Natixis) vient d’être publiée et donne raison à la jusqu’ici très controversée théorie de Marx sur la baisse tendancielle des profits inhérents au capitalisme1. C’est sur cette théorie que s’appuie la logique si progressiste des états providence et de leurs très fortes régulations du marché, la redistribution des profits afin de limiter la concentration du capital dans quelques mains et ses effets pervers. Cependant, au cours du siècle dernier la logique ultra libérale a progressivement réussi à imposer à la place une autre logique dont on sait aujourd’hui qu’elle n’existe pas : La théorie du ruissellement. Petit à petit, cette logique ultra libérale n’a eu de cesse de diminuer les cotisations et donc les redistributions et ainsi de désynchroniser les  financements des services publics avec les besoins. Nous en voyons aujourd’hui le résultat dans les transports mais aussi l’hôpital et l’Éducation. Les attaques des bénéficiaires de cette politique – les ultra riches – sur les statuts des agents du rail et bientôt des fonctionnaires sont les derniers coups de boutoir pour faire céder la digue de l’intérêt général que ces statuts permettent de défendre au profit de l’intérêt particulier de ces millionnaires.

Mobilisons-nous …

Les réformes du Bac, du lycée sont des réformes idéologiques qui sous couvert d’habits pseudo pédagogiques voire populistes sont avant tout aussi des contre réformes structurelles visant à réduire le nombre d’enseignants et le coût d’un système qui se doit d’être avant tout rentable. La loi ORE de sélection à l’entrée de l’Université aussi. Nous avons, au contraire, besoin pour réduire les inégalités d’un système inclusif jusqu’au Baccalauréat comme c’est le cas, par exemple, en Finlande. Le collège unique en France s’inscrit dans cette voie mais sans que jamais personne ne lui ai jamais donné les moyens de gérer l’hétérogénéité. En Finlande où cela fonctionne, il y a moins d’élèves par classe et beaucoup plus d’assistants chargés de prendre en charge les difficultés par prof… Afin d’éviter le dictat permanent des injonctions politiques, pseudo pédagogiques et souvent contradictoires, une direction collégiale des enseignants dans chaque établissement – comme en Suisse – pourrait voir le jour au côté d’un administrateur et renforcerait la liberté pédagogique des équipes et donc l’adaptabilité aux profils des élèves. Le respect d’un cadre national pourrait se faire sous le contrôle d’un corps d’inspection plus présent et veillant à l’animation d’une formation continue plus responsabilisante.

Alors, contrairement à ce qu’avait pu dire Margaret Thatcher et que s’est empressé de reprendre Emmanuel Macron dès son élection, il y a d’autres alternatives ! Prenons le meilleur de chacune d’elles … Cela nécessite des réformes progressistes d’intérêt général mais surtout pas ces contre réformes ultra libérales qui finiront par faire exploser notre pays.
Pour les faire entendre le 1er mai et le 3 mai, mobilisons-nous respectivement devant le CHU à 8h30 et devant la mutualité à 10h30.

Le communiqué => ici

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  1. La plus controversée des prédictions marxistes remise au goût du jour par… une banque d’affaires !, Laurent Miermont, Le média Presse, 27 avril 2018