La situation de l’EPS, Grève du 22 mars et mutations intra 2018

 

Une EPS bien intégrée dans le système scolaire ?

A l’échelle d’un siècle, notre discipline a fait un bon remarquable au sein de l’institution scolaire. D’abord cantonnée aux thèses hygiénistes, elle a su progressivement s’imposer comme une discipline scolaire à part entière. Elle est sortie de la tutelle médicale pour créer ses contenus spécifiques au service de la transmission d’une culture physique et sportive mais aussi du développement physiologique, moteur, cognitif, socio affectif, … de l’élève.

L’intégration dans l’Education Nationale mais aussi la rédaction de programme selon le même canevas que toutes les autres disciplines a prolongé cette trajectoire quasi sans faute. Le Guide DGESCO sur lequel, en Guadeloupe, nous avons pu nous appuyer pour faire l’état des lieux des installations sportives montre également une progressive prise en compte par l’institution des besoins de l’EPS et de sa volonté de mettre en œuvre les nécessaires investissements pour y répondre.

Aujourd’hui, la priorité donnée aux emplois du temps EPS mais aussi la part importante accordée à la parole des enseignants d’EPS dans les conseils de classe, les AG, … les missions qui leurs sont confiés (Profs principaux, coordonnateurs de cycle, membre du conseil école collège, CA …) sont autant d’éléments qui permettent encore de mesurer le chemin parcouru et la place spécifique de notre discipline dans le système éducatif.

Une Inspection Générale rue de Cambon ou rue de Grenelle ?

Cependant, bien qu’ayant gagnée la bataille des idées sur le plan éducatif, depuis quelques mois, nous voyons notre discipline perdre peu à peu tous ses attributs si chèrement obtenus (discipline évaluée au brevet, programmes spécifiques collège, option lourde lycée, …)… alors même que les autres disciplines les conservent.

L’habillage pédagogique des réformes (lycée modulaire, Collège « Mieux apprendre pour mieux réussir », …) cache mal les volontés de coupes budgétaires et les arbitrages des moyens défavorables pour notre discipline face aux disciplines “fondamentales” censées encore mieux préparer l’avenir de nos élèves. Après la perte de l’évaluation au brevet, l’EPS devient aussi la seule discipline sans enseignement de spécialité au lycée et se retrouve cantonnée au tronc commun ainsi qu’à un enseignement facultatif. La réponse faite par la DGESCO au SNEP national donne le ton : « Proposer un enseignement de spécialité d’EPS ferait courir le risque qu’un trop grand nombre de lycéens le choisisse. » L’IG a donc bien élu domicile rue de Cambon et ce sont aujourd’hui bel et bien les “sages” de la cour des comptes les premiers pédagogues de la nation.

Elles sont donc très loin les belles paroles relayées par notre ministre des Sports Laura Flessel visant à placer le sport et la pratique physique partout en en faisant un élément transversal de la politique Macronienne !

Pourtant, de plus en plus d’études économiques faisant mention d’externalités positives de la pratique physique nous permettent aujourd’hui d’argumenter en faveur de coûts d’investissement largement compensés à moyen et long terme par des gains de santé et de productivité 1

De l’ambition pour l’EPS… parce que les élèves en ont besoin

Face à cette volonté d’utiliser notre discipline comme variable d’ajustement économique, il nous faut donc nous opposer aux gestionnaires de Bercy. Nous vous proposons pour cela de lancer une alerte sur la place de l’EPS en France et sur l’exigence d’une meilleure prise en compte de cet enseignement. C’est le but du plan d’action décidé nationalement et baptisé : de l’ambition pour l’EPS… parce que les élèves en ont besoin !

Il propose à chaque équipe de s’emparer du communiqué de presse en ligne sur le site national « Dopons les élèves à l’EPS » : http://www.snepfsu.net/vieetab/planAction.php et de l’envoyer le 22 mars aux adresses suivantes pour notre académie :

Merci de mettre l’adresse : s3-guadeloupe@snepfsu.net en copie.

A vos mails et tous en grève le  jeudi 22 mars
RDV à 8h place de la victoire à Pointe à Pitre

Et les muts dans tout ça !

A force de conviction et de lobbying nous avons enfin pu arrêter l’hémorragie de la fermeture des postes. Alors que 44 postes étaient supprimés dans le 2nd degré cette année, nous ne connaîtrons que 4 pertes de postes (6 suppressions et 2 créations) en EPS (13,6%). Pour rappel, c’était 40% pour les deux années précédentes (9 sur 22). Les actions académiques mais aussi et surtout les actions syndicales locales (22 mouvements d’établissement de l’année passée sur les postes) ont permis que des notifications faisant mention des Heures postes et des Heures Supplémentaires soient précisées pour chaque AS et sections sportives lors des DHG. Cette contrainte affichée pour les chefs d’établissement les a empêché pour beaucoup qu’une nouvelle fois ils procèdent à des arbitrages défavorables pour notre discipline. Il n’y aura que 3 cartes scolaires au lieu des 17 de l’année passée. Les 1er chiffres : 6 sortants, au moins 6 départs en retraite, 17 collègues en mutation obligatoire : 3 cartes scolaires, 11 entrants à l’inter dont 4 stagiaires issus du réservé et de l’externe, 3 stagiaires issu de l’interne.

  1. Note d’analyse n°11 – 31 janvier 2018, Activité Physique et Sportive, Santé et qualité des finances publiques – Direction des sports – Bureau de l’économie du Sport